Indemnisation licenciement économique : règles 2026
Quelles sont les règles d'indemnisation pour un licenciement économique en 2026 ? Montants légaux, calcul, indemnités complémentaires et droits au chômage.

L'indemnisation du licenciement économique repose sur plusieurs mécanismes distincts. Le salarié touché perçoit au minimum une indemnité légale de licenciement, une indemnité compensatrice de préavis et, selon la configuration, des indemnités complémentaires rattachées à un plan de sauvegarde de l'emploi (PSE). Ces sommes viennent s'ajouter aux allocations chômage gérées par l'Unédic. Chaque composante obéit à des règles précises fixées par le Code du travail, que cet article détaille de manière concrète.
En bref
- L'indemnité légale de licenciement économique s'élève à 1/4 de mois de salaire par année d'ancienneté jusqu'à 10 ans, puis 1/3 au-delà (art. R.1234-2 du Code du travail).
- Le salarié doit justifier d'au moins 8 mois d'ancienneté continue pour prétendre à l'indemnité légale de licenciement (art. L.1234-9 du Code du travail).
- Un accord collectif ou une convention collective peut prévoir une indemnité supralégale plus favorable que le minimum légal.
- En cas de licenciement économique sans cause réelle et sérieuse, le juge peut condamner l'employeur à des dommages-intérêts : une décision du 21 janvier 2026 en fixait le montant à 59 364 euros.
- Le contrat de sécurisation professionnelle (CSP) permet aux salariés des entreprises de moins de 1 000 salariés de percevoir une allocation spécifique pendant 12 mois.
Les indemnités dues au salarié licencié pour motif économique
Plusieurs indemnités distinctes s'ouvrent au moment d'un licenciement économique. Leur cumul forme ce que les praticiens appellent couramment le « package » de départ, versé à la rupture effective du contrat.
Pour mieux comprendre l'ensemble de la procédure et des droits attachés à ce type de rupture, il est utile de consulter un guide sur le licenciement économique, sa procédure et ses indemnités.
Voici les quatre composantes principales :
Indemnité légale (ou conventionnelle) de licenciement : versée à tout salarié justifiant d'au moins 8 mois d'ancienneté ininterrompue (art. L.1234-9 du Code du travail). C'est le plancher, le socle en dessous duquel on ne peut pas descendre.
Indemnité compensatrice de préavis : due lorsque l'employeur dispense le salarié d'exécuter son préavis. Son montant correspond exactement au salaire qui aurait été perçu durant cette période.
Indemnité compensatrice de congés payés : couvre les jours de congés acquis mais non pris à la date du licenciement.
Indemnités supralégales : conventions collectives, accords d'entreprise ou clauses contractuelles peuvent fixer des montants supérieurs au minimum légal. Quand ces textes s'appliquent, c'est toujours le régime le plus favorable au salarié qui prime.
Ces sommes sont versées à la date de fin du contrat ou, si un préavis est effectivement accompli, à son terme. Pour une vision complète des montants selon l'ancienneté, consultez le tableau indemnité de licenciement économique disponible sur ce site.
Comment calculer l'indemnité légale de licenciement économique
Deux variables commandent le calcul de l'indemnité légale : l'ancienneté et le salaire de référence.
Le taux légal est fixé par l'art. R.1234-2 du Code du travail :
- 1/4 de mois de salaire par année d'ancienneté, pour les dix premières années.
- 1/3 de mois de salaire par année au-delà de ce seuil.
Le salaire de référence (art. R.1234-4) est le plus avantageux entre deux bases :
- La moyenne mensuelle des 12 derniers mois précédant la notification du licenciement.
- La moyenne mensuelle des 3 derniers mois (les primes et gratifications annuelles étant alors proratisées).
Prenons un exemple chiffré : un salarié avec 15 ans d'ancienneté et un salaire de référence de 3 000 € obtient (10 × 3 000 × 1/4) + (5 × 3 000 × 1/3) = 7 500 € + 5 000 € = 12 500 €.
Les années incomplètes sont proratisées au mois. Comme le souligne village-justice.com, l'assiette peut aussi intégrer des éléments variables, commissions ou avantages en nature inclus, ce qui complique parfois sensiblement le calcul. En cas de doute, un avocat en droit du travail est l'interlocuteur approprié.
Le contrat de sécurisation professionnelle (CSP) et le maintien de salaire
Dans les entreprises de moins de 1 000 salariés, l'employeur est tenu de proposer un contrat de sécurisation professionnelle (CSP) à chaque salarié licencié pour motif économique (art. L.1233-65 du Code du travail). Ce dispositif assure un maintien de salaire pendant 12 mois, via une allocation spécifique de sécurisation égale à 75 % du salaire journalier de référence.
Le salarié dispose de 21 jours pour se décider, à compter de la remise du document d'information par l'employeur. S'il accepte, le contrat est rompu d'un commun accord à la date d'adhésion. Conséquence directe : pas d'indemnité compensatrice de préavis. Mais si cette indemnité de préavis excède 3 mois, l'employeur verse un abondement équivalent.
En cas de refus, le salarié effectue son préavis et perçoit les indemnités classiques. Il reste éligible aux allocations chômage de droit commun versées par l'Unédic.
Côté grandes entreprises : pour celles de 1 000 salariés et plus, le PSE prévoit généralement des indemnités supralégales négociées, ainsi qu'un congé de reclassement d'une durée minimale de 4 mois.
Indemnités spécifiques pour les salariés de plus de 55 ans
Le licenciement économique frappe les salariés seniors avec une acuité particulière. Certaines conventions collectives prévoient une majoration de l'indemnité légale pour les salariés âgés de 55 ans et plus au moment du licenciement.
Concrètement, les accords de branche ou d'entreprise peuvent fixer un montant supralégal majoré, tenant compte de la difficulté accrue à retrouver un emploi passé cet âge. La convention collective nationale applicable au secteur concerné doit donc être consultée systématiquement. Un article dédié sur ce site détaille les droits propres à ce profil : indemnité licenciement économique plus de 55 ans.
Autre point à ne pas négliger : dans certains PSE, le dispositif de retraite progressive ou de préretraite d'entreprise peut se substituer en tout ou partie à l'indemnité de licenciement. Cette option nécessite un accord exprès du salarié concerné.
Enfin, les salariés de plus de 55 ans bénéficient d'une durée maximale d'indemnisation chômage portée à 36 mois (contre 18 mois dans le régime général), sous réserve de remplir les conditions d'affiliation définies par la réglementation Unédic en vigueur.
Face à la superposition de ces droits, prendre l'attache d'un avocat ou d'un conseiller juridique avant toute acceptation d'une proposition de rupture reste vivement recommandé.
Licenciement économique sans cause réelle et sérieuse : dommages-intérêts
Quand le conseil de prud'hommes juge un licenciement économique sans cause réelle et sérieuse, l'employeur s'expose à des dommages-intérêts. Leur montant est encadré par les barèmes Macron, issus de l'ordonnance du 22 septembre 2017 (art. L.1235-3 du Code du travail) : plancher et plafond sont exprimés en mois de salaire brut, selon l'ancienneté et la taille de l'entreprise.
Pour illustrer la portée concrète de ces condamnations : une décision rendue le 21 janvier 2026 (source : dalloz-actualite.fr) a condamné une entreprise cessionnaire à verser 59 364 euros à titre de dommages-intérêts à une salariée dont le licenciement avait été jugé sans cause réelle et sérieuse. Cette somme s'ajoutait aux indemnités de rupture légales déjà dues.
Mais les barèmes ne sont pas absolus. Violation d'une liberté fondamentale, harcèlement moral, discrimination : dans ces hypothèses, le juge peut allouer des dommages-intérêts dépassant le plafond barémique.
La nullité du licenciement, distincte de l'absence de cause réelle et sérieuse, ouvre quant à elle droit à la réintégration ou à une indemnité minimale de 6 mois de salaire (art. L.1235-3-1 du Code du travail). Pour toute contestation, le délai de saisine est de 12 mois à compter de la notification du licenciement (art. L.1471-1).
Régime fiscal et social des indemnités de licenciement économique
Les indemnités perçues en cas de licenciement économique bénéficient d'un régime fiscal et social favorable. Jusqu'à certains plafonds, du moins.
Exonération d'impôt sur le revenu : l'indemnité légale ou conventionnelle est totalement exonérée d'impôt sur le revenu (art. 80 duodecies du Code général des impôts). Pour les indemnités supralégales, issues d'un PSE ou d'un accord collectif, l'exonération est limitée au plus élevé entre :
- 2 fois la rémunération annuelle brute de l'année précédant le licenciement,
- 50 % du montant total des indemnités perçues.
Le tout est plafonné à 6 fois le plafond annuel de la Sécurité sociale (PASS), soit 279 648 € en 2026.
Cotisations sociales : les indemnités exonérées d'impôt le sont aussi de cotisations sociales, dans la limite de 2 fois le PASS (soit 93 216 € en 2026). Au-delà, les cotisations s'appliquent.
CSG et CRDS : une fraction des indemnités peut demeurer soumise à la CSG et à la CRDS, même quand elle est exonérée d'impôt sur le revenu. Ce point mérite une vérification auprès d'un conseiller fiscal ou d'un avocat, car il peut réduire sensiblement le montant net effectivement encaissé.
Pour estimer précisément le montant net de votre indemnité, utilisez le simulateur indemnité licenciement économique mis à disposition sur ce site.
Fiche pratique
| Articles de référence | L. 1234-9, L. 1233-65, L. 1233-61, L. 1235-3, L. 1235-7, R. 1234-2, R. 1234-4 du Code du travail ; art. 80 duodecies du CGI ; art. L. 3253-17 du Code du travail (AGS) |
| Ancienneté minimale pour l'indemnité légale | 8 mois en CDI |
| Taux indemnité légale (≤ 10 ans) | 1/4 de mois de salaire par année d'ancienneté |
| Taux indemnité légale (> 10 ans) | 1/3 de mois de salaire par année d'ancienneté |
| Délai d'adhésion au CSP | 21 jours à compter de la remise du document de proposition |
| Allocation CSP (ASP) | 75 % du salaire journalier de référence pendant 12 mois maximum |
| Délai de contestation aux prud'hommes | 12 mois à compter de la notification du licenciement (art. L. 1235-7) |
| Barème Macron (licenciement sans cause réelle) | 0,5 à 20 mois de salaire brut selon ancienneté (art. L. 1235-3) |
| Plafond exonération IS (indemnité supralégale) | 6 × PASS = 271 944 € en 2026 |
| Garantie en liquidation judiciaire | AGS / CGEA (art. L. 3253-17 du Code du travail) |
| Juridiction compétente | Conseil de prud'hommes |
| Contact officiel | service-public.fr, France Travail (francetravail.fr) |
Sources
- legifrance.gouv.fr
- legifrance.gouv.fr
- service-public.fr
- service-public.fr
- village-justice.com
- village-justice.com
Cet article est fourni à titre informatif et ne constitue pas un conseil juridique personnalisé. Consultez un avocat ou un professionnel du droit pour toute situation concrète.
Questions fréquentes
Quelle somme touche-t-on pour un licenciement économique ?
Au minimum, le salarié perçoit l'indemnité légale de licenciement calculée sur la base de 1/4 de mois de salaire par année d'ancienneté jusqu'à 10 ans, puis 1/3 au-delà, l'indemnité compensatrice de préavis et l'indemnité correspondant aux congés payés non pris. Si une convention collective s'applique, des montants supralégaux peuvent s'y substituer avantageusement. Pour donner un ordre de grandeur : avec 15 ans d'ancienneté et un salaire de référence de 3 000 €, la seule indemnité légale atteint 12 500 €.
Comment se calculent les indemnités de licenciement économique ?
Le calcul s'appuie sur l'article R.1234-2 du Code du travail : 1/4 de mois de salaire par année d'ancienneté pour les 10 premières années, 1/3 pour les suivantes. Le salaire de référence retenu est le plus favorable entre la moyenne des 12 derniers mois et la moyenne des 3 derniers mois. Les années incomplètes sont proratisées au mois de service effectué.
Quels sont mes droits lors d'un licenciement économique ?
Plusieurs droits s'ouvrent simultanément : l'indemnité légale de licenciement (art. L.1234-9 du Code du travail), l'indemnité compensatrice de préavis, les congés payés non pris. Dans une entreprise de moins de 1 000 salariés, une proposition de contrat de sécurisation professionnelle (CSP) doit obligatoirement être faite : elle garantit un maintien de salaire à 75 % pendant 12 mois. Et si le licenciement est jugé sans cause réelle et sérieuse par le conseil de prud'hommes, des dommages-intérêts complémentaires peuvent s'y ajouter.
Quelle est la prime suite à un licenciement économique ?
Il n'existe pas de « prime » spécifique au licenciement économique à proprement parler. Mais certains PSE prévoient des indemnités supralégales négociées, parfois désignées sous les termes « indemnités de départ volontaire » ou « primes de reclassement ». Leur montant varie d'un accord d'entreprise à l'autre. Ces sommes s'ajoutent à l'indemnité légale et bénéficient du régime fiscal favorable prévu par l'article 80 duodecies du Code général des impôts, dans les limites de plafonnement applicables.
Quelle est la durée du chômage après un licenciement économique ?
La durée d'indemnisation chômage après un licenciement économique dépend de l'âge du salarié : 18 mois pour les moins de 53 ans, 22,5 mois pour les 53-54 ans, 27 mois pour les 55 ans et plus, sous réserve de satisfaire aux conditions d'affiliation Unédic. Pour le salarié ayant adhéré au CSP, une allocation spécifique est versée pendant 12 mois, avec une carence réduite par rapport au régime général d'assurance chômage.
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